Coronavirus : quel avenir pour les entreprises en 2021 ?

Il faudrait plutôt parler de présent puisque 2021 est là. Après une année 2020 tumultueuse, phagocytée par le coronavirus et les mesures sanitaires, les entreprises voient leur parcours du combattant se muer en marathon. Encore un an à tenir, et cela, si les campagnes de vaccination contre la Covid-19 et ses variantes parviennent à remplir leurs objectifs. Et sinon ? Si la lutte se prolonge ? Si les professionnels devaient résister une année de plus ? Les questions angoissantes se multiplient. En ce mois de janvier 2021, le cabinet Mosselmans vous propose un petit tour d’horizon de l’actualité économique liée au Coronavirus.

Les entreprises relativement préservées en 2020

C’est le 1er constat à faire en ce début d’année, et il est paradoxal. Le Conseil d’analyse économique a publié en décembre 2020 un rapport sur les défaillances d’entreprises au cœur de la crise liée à la Covid-19 :

« Le nombre cumulé des liquidations et redressements d’entreprises est et reste à la mi‐novembre anormalement bas par rapport à 2019 qui était déjà une année avec des chiffres faibles (…). La chute par rapport à 2019 est très significative : –35,9 % pour l’ensemble des entreprises et –29 % pour les PME (10‐249 salariés). »

De fait, le nombre de défaillances d’entreprises est à un niveau historiquement bas.

Les défaillances cantonnées aux entreprises déjà fragiles

Les mesures de soutien financier déclenchées par l’Etat expliquent en grande partie ces chiffres surprenants. Report de charges, fonds de solidarité, prêts garantis par l’Etat… : Les entreprises contraintes à la fermeture administrative ou à une diminution de leur activité ont réussi à survivre.

On constate d’ailleurs que les entreprises placées en situation de défaillance au cours de l’année 2020 n’étaient pas des entreprises productives, mais bien des entreprises déjà fragiles en 2019.

Certains secteurs gardent la tête haute face au coronavirus

Si l’on enregistre un mouvement de baisse, il s’avère moins catastrophique qu’on pouvait le craindre. Quelques exemples :

  • Seulement -1,5 % de ventes dans le jouet, un secteur qui a su tirer parti du click & collect et du e-commerce, y compris durant le 2nd confinement de novembre ;
  • Les librairies faisaient l’objet de nombreuses inquiétudes en tant que commerce culturel « non essentiel ». Certes, la perte de chiffres d’affaires est notable : -3,3 % en 2020. Elle reste toutefois bien inférieure aux prévisions de la librairie indépendante, qui tablait plutôt sur une perte de 15 à 25 %. Si la baisse des ventes s’est bien révélée catastrophique durant les 2 confinements, l’affluence provoquée par les déconfinements a permis à la librairie de limiter la casse.
  • Les commerces en ligne et les plateformes de service digital ont naturellement mieux résisté que les entreprises physiques. La start-up Doctolib, aujourd’hui sollicitée pour la mise en œuvre de la campagne de vaccination, a vécu la crise du coronavirus comme une opportunité de développement, avec l’augmentation de la demande de rendez-vous médicaux en ligne.

Il n’en reste pas moins que les chefs d’entreprise traversent un passage difficile, semé d’inquiétudes pour l’avenir. Car la question qui se pose aujourd’hui est de savoir combien de temps les entreprises soutenues par l’Etat vont pouvoir se maintenir. Et à quel prix.

Plus de faillites d’entreprises en 2021 à cause du coronavirus ?

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a d’ores et déjà annoncé que « nous aurons plus de faillites en 2021 qu’en 2020 […] ». Notamment dans les secteurs ayant payé le plus lourd tribut au coronavirus, à savoir l’hôtellerie-restauration, la culture, le sport ou l’événementiel.

2021 est ainsi présentée comme une « bombe à retardement » : le conseil d’analyse économique prévoit une hausse de 2 à 5 % des faillites d’entreprise en 2021.

Les secteurs les plus fragiles soutenus au cœur de la crise sanitaire

4 lois de finance rectificatives en 2020, 1 loi de finance en 2021 (la 1ère d’une nouvelle série ?), des dizaines de décrets, d’ordonnances, d’arrêtés… Le dispositif d’aides financières à l’entreprise aura créé une manne généreuse mais complexe. Quels sont les dispositifs prévus pour 2021 ? Bruno Le Maire a promis un soutien « total » aux entreprises en difficulté et aux secteurs les plus touchés :

  • Prolongation du PGE (prêt garanti par l’Etat) jusqu’au 30 juin 2021 ;
  • Réflexion autour d’une augmentation des aides jugées insuffisantes ;
  • Déploiement du plan de relance amorcé à la fin 2020.

Selon une étude de l’INSEE parue en décembre 2020, 84 % des entreprises ont eu recours à une aide de l’Etat en 2020. 70 % ont bénéficié du chômage partiel. Un secours providentiel qui a permis de maintenir l’activité d’une majorité d’entreprises. Toutefois, la question qui soulève la plus grande inquiétude concerne la fin de ces dispositifs d’aide, quand la situation sanitaire de la France permettra un retour à la normale. Ainsi que le paiement des cotisation sociales reportées et le remboursement des emprunts contractés.

Le défi du couvre-feu

Depuis le 16 janvier 2021, la France ferme ses portes à 18 h. Commerces essentiels ou non-essentiels, services de proximité, lieux d’enseignement sont donc contraints à une nouvelle organisation. Entraînant son lot d’angoisses concernant le maintien d’un chiffre d’affaires déjà mis à mal par les confinements et fermetures successifs. 20 à 30 % des ventes physiques sont en effet réalisées entre 17 et 20 h, à la sortie des bureaux…

Dans les zones où le couvre-feu à 18 h avait déjà été instauré, plusieurs constats sont réalisés :

  • Le télétravail et le chômage partiel avaient déjà entraîné un report des achats à d’autres moments de la journée (notamment durant la pause médiane ou dans l’après-midi) ;
  • Pour les actifs qui n’en bénéficient pas, ces actes d’achat ont plutôt lieu en fin de semaine, le vendredi et le week-end.

Si l’on constate une baisse sensible de la fréquentation en fin de journée, les grandes surfaces ont modifié leurs horaires pour intensifier l’accueil de la clientèle avant neuf heures du matin. Les magasins de vêtements, de leur côté, réclament un droit d’ouverture le dimanche pour permettre à leur clientèle de s’adonner au shopping dans leurs enseignes.

La fin du télétravail en 2021 ?

Les mesures sanitaires liées à la lutte contre la Covid-19 ont occasionné des changements qui pourraient s’inscrire dans la durée. Notamment pour l’organisation du travail. Les entreprises se sont vues contraintes d’adopter le télétravail, et pas forcément pour le pire. Car ce mode de travail, qu’il soit plébiscité ou non par les employés, encourage les chefs d’entreprise à revoir l’occupation de leurs bureaux.

Ainsi, l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière (IEIF) prévoit une diminution entre 1,7 et 11,8 % du parc immobilier de bureaux dans les 10 prochaines années.

Toutefois, les entreprises le reconnaissent elles-mêmes, la solution du télétravail n’a pas été adoptée de façon unanime, ou uniforme. Au début de l’année 2021, elle est moins une obligation qu’une option, sans compter les organisations où le travail à distance n’est tout simplement pas envisageable.

Désastre économique ou sauvetages au cas par cas, fin du télétravail ou maintien d’un statu quo… Nous vivons une période économique où l’insécurité et l’incertitude sont devenues la règle. Une excellente raison pour s’appuyer, plus que jamais, sur de véritables spécialistes de la santé de l’entreprise. Toujours à votre écoute à distance ou en présentiel !

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