Comment négocier une rupture conventionnelle ?

28 février 2023

Vous êtes salarié et vous envisagez de quitter votre entreprise sereinement ?
Vous êtes employeur et vous devez gérer une demande de rupture conventionnelle ?

En 2026, la rupture conventionnelle reste l’un des modes de rupture les plus utilisés pour mettre fin à un CDI d’un commun accord. Encadrée par le Code du travail, elle permet d’éviter une démission ou un licenciement tout en sécurisant la situation des deux parties.

Procédure, indemnité minimale, délais, contribution patronale : voici tout ce qu’il faut savoir pour négocier une rupture conventionnelle en 2026.

Quelle est la procédure d’une rupture conventionnelle en 2026 ?

La rupture conventionnelle peut être initiée par le salarié ou par l’employeur. Aucun formalisme particulier n’est imposé pour la demande initiale (échange oral ou écrit), mais un écrit est recommandé pour sécuriser la démarche.

La procédure se déroule en plusieurs étapes :

1. Organisation d’un ou plusieurs entretiens

Les parties conviennent d’un ou plusieurs entretiens afin de discuter :

  • de la date de rupture du contrat,

  • du montant de l’indemnité,

  • des conditions de départ.

Chaque partie peut se faire assister :

  • Le salarié peut être assisté par un salarié de l’entreprise ou un conseiller extérieur.

  • L’employeur peut être assisté par un membre du personnel ou un représentant de son organisation professionnelle.

2. Signature de la convention de rupture

Si un accord est trouvé, les parties signent une convention de rupture via le formulaire officiel (CERFA).

Ce document précise notamment :

  • la date envisagée de rupture,

  • le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle.

3. Délai de rétractation

À compter du lendemain de la signature, un délai de rétractation de 15 jours calendaires s’applique.

Durant ce délai, chacune des parties peut revenir sur sa décision sans justification, par lettre remise en main propre contre décharge ou par courrier recommandé.

4. Demande d’homologation

À l’issue du délai de rétractation, la convention doit être transmise pour homologation à l’administration via la plateforme officielle TéléRC.

La DREETS dispose alors de 15 jours ouvrables pour vérifier la validité de la convention.

En l’absence de réponse dans ce délai, l’homologation est réputée acquise.

La rupture prend effet à la date prévue dans la convention, jamais avant l’homologation.

Quel est le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?

L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement.

En 2026, le minimum légal reste fixé à :

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années ;

  • 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11ᵉ année.

Si la convention collective prévoit une indemnité de licenciement plus favorable, c’est ce montant qui s’applique comme plancher.

L’indemnité peut bien entendu être négociée à la hausse.

Contribution patronale applicable en 2026

Depuis le 1er septembre 2023, l’indemnité de rupture conventionnelle est soumise à une contribution patronale unique de 30 %, toujours applicable en 2026.

Ce coût doit être intégré dans la négociation, notamment côté employeur.

Quels sont les avantages de la rupture conventionnelle ?

Pour le salarié

  • Pas de préavis imposé (sauf accord contraire).

  • Versement d’une indemnité minimale garantie.

  • Ouverture des droits à l’allocation chômage.

  • Départ encadré juridiquement.

Pour l’employeur

  • Sécurisation juridique de la rupture.

  • Réduction du risque prud’homal.

  • Maîtrise du calendrier de départ.

  • Alternative apaisée au licenciement.

Comment négocier une rupture conventionnelle en 2026 ?

La négociation repose sur un équilibre d’intérêts.

Côté salarié

Les arguments peuvent porter sur :

  • un manque de perspectives d’évolution,

  • un projet professionnel cohérent,

  • une volonté de départ sans conflit,

  • la sécurisation d’un nouveau projet grâce aux droits au chômage.

Côté employeur

L’employeur peut intégrer dans son analyse :

  • le coût global (indemnité + contribution 30 %),

  • le risque contentieux évité,

  • la gestion de la masse salariale,

  • la nécessité de maintenir un climat social apaisé.

Une rupture conventionnelle réussie repose sur la transparence et un consentement libre et éclairé des deux parties.

Peut-on conclure une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?

Oui.

La jurisprudence autorise la signature d’une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie, y compris en cas de maladie professionnelle ou d’accident du travail, à condition que le consentement soit libre et non vicié.

La procédure reste identique : entretiens, signature, délai de rétractation et homologation.

Les délais à retenir en 2026

  • 15 jours calendaires de rétractation après signature.

  • 15 jours ouvrables d’instruction par la DREETS.

  • Rupture effective à la date fixée dans la convention.

Inforgraphie rupture conventionnelle

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