Même en réalisant des bénéfices, une entreprise peut manquer d’argent pour régler ses fournisseurs. Des retards de paiement, des stocks trop importants, une dépense imprévue ou une échéance fiscale peuvent créer une tension. La gestion de trésorerie aide à anticiper ces situations : elle consiste à suivre les encaissements et les décaissements, à prévoir les besoins de financement et à surveiller certains chiffres clés. Voici nos conseils pour bien évaluer votre situation et repérer les difficultés à venir.
Sommaire
Gestion de trésorerie : comprendre son rôle dans l’entreprise
Gestion de trésorerie : 5 indicateurs à suivre
Construire un tableau de bord de trésorerie
Nos conseils pour améliorer votre trésorerie
Gestion de trésorerie : comprendre son rôle dans l’entreprise
Gérer sa trésorerie consiste à organiser les entrées et les sorties d’argent. L’objectif est de disposer des fonds nécessaires au moment de régler les salaires, les fournisseurs, les impôts ou les remboursements d’emprunt. Le suivi porte sur les mouvements réels et ceux à venir.
Trésorerie et bénéfice : quelle différence ?
Attention à ne pas confondre ces deux notions :
- Le bénéfice correspond à la différence entre les produits et les charges d’une période.
- La trésorerie désigne l’argent disponible. Par exemple, une vente réalisée et facturée en décembre entre dans le calcul du bénéfice de l’année, même si le client ne paie qu’en février.
Une entreprise bénéficiaire peut donc connaître des tensions de trésorerie. À l’inverse, une entreprise déficitaire peut disposer temporairement de trésorerie grâce à un emprunt ou à une levée de fonds.
Bon à savoir :
Une entreprise peut être bénéficiaire tout en manquant de trésorerie.
Gestion de trésorerie : 5 indicateurs à suivre
Pour suivre sa trésorerie, consulter son compte bancaire ne suffit pas. Ces indicateurs permettent de connaître l’argent disponible, de comprendre les décalages de paiement et d’anticiper les besoins à venir.
1. La trésorerie nette : connaître l’argent disponible
La trésorerie nette mesure l’argent dont dispose l’entreprise à une date donnée, après déduction des financements bancaires de court terme utilisés, comme les découverts.
Trésorerie nette = disponibilités − financements bancaires de court terme utilisés
Exemple concret :
Une entreprise possède 18 000 € sur un compte bancaire et utilise un découvert de 5 000 € sur un autre. Sa trésorerie nette est de 13 000 €.
Cet indicateur donne une première vision de la situation. Mais un montant positif ne suffit pas à écarter les difficultés : il doit toujours être comparé aux dépenses à venir !
👉 Chez Mosselmans & Associés, on vous rappelle que la trésorerie nette ne donne pas à elle seule un aperçu global de votre trésorerie. Un solde confortable aujourd’hui ne garantit pas de pouvoir faire face aux échéances à court terme.
2. Le besoin en fonds de roulement
Il mesure le financement nécessaire pour payer les dépenses courantes en attendant les règlements des clients.
BFR d’exploitation = stocks + créances d’exploitation − dettes d’exploitation
Les dettes d’exploitation comprennent notamment :
- les sommes dues aux fournisseurs ;
- les dettes fiscales liées à l’activité, comme la TVA à reverser ;
- les dettes sociales, comme les cotisations restant à payer.
Attention : les emprunts bancaires n’entrent pas dans cette catégorie.
Bon à savoir :
Même une croissance rentable peut accroître les besoins de financement. À l’inverse, certaines activités encaissent avant de payer leurs fournisseurs. Leur BFR peut alors être négatif.
3. Les délais de paiement clients
Le délai moyen de paiement, souvent appelé DSO, estime le temps nécessaire pour encaisser les ventes.
Délai clients = créances clients moyennes TTC ÷ chiffre d’affaires TTC de la période × nombre de jours de la période
Pour anticiper les besoins d’argent, pensez à comparer les dates de paiement des clients et des fournisseurs.
À noter :
Si les clients paient à 30 jours et les fournisseurs à 15 jours, l’entreprise doit avancer les fonds. Un calendrier des échéances aide à prévoir ces décalages. Si nécessaire, discutez d’un autre délai avec le fournisseur, avant l’échéance et dans le respect des règles applicables.
Attention au cadre légal : en France, le délai de paiement convenu entre professionnels ne peut pas dépasser :
- 60 jours à compter de la date d’émission de la facture ;
- ou 45 jours fin de mois sous conditions.
En cas de retard, des pénalités sont dues, ainsi qu’une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.
Les conditions précises dépendent du contrat et du secteur : il est recommandé de les vérifier auprès d’un professionnel du droit.
4. La capacité d’autofinancement
Elle indique les ressources que l’activité génère par elle-même. Elle permet d’évaluer sa capacité à financer des investissements ou à rembourser ses emprunts.
CAF = résultat net + charges non décaissées (dotations aux amortissements) − produits non encaissés
Exemple concret :
Une entreprise réalise un résultat net de 20 000 € et comptabilise 5 000 € de dotations aux amortissements. En l’absence d’autres retraitements, sa CAF atteint donc 25 000 €.
La capacité d’autofinancement détermine si l’activité produit assez de liquidités pour rembourser ses emprunts, investir ou verser des dividendes.
Une CAF positive rassure les partenaires financiers. Une CAF faible ou en baisse représente un point de vigilance : il faut examiner les marges, les charges fixes et le calendrier des remboursements.
5. Le solde de trésorerie prévisionnel
Il estime l’argent dont disposera l’entreprise à la fin d’une période. Il se calcule à partir des encaissements et des décaissements attendus.
Solde de fin de période = solde de départ + encaissements prévus − décaissements prévus
Exemple concret :
Une entreprise commence le mois avec 15 000 €. Elle prévoit d’encaisser 20 000 € et de payer 30 000 €. Son solde prévisionnel de fin de mois est de 5 000 €.
Le calcul est renouvelé chaque mois ou chaque semaine dans un plan de trésorerie. Le solde de fin d’une période devient le solde de départ de la suivante.
Ce suivi est utile dès la création d’entreprise. Il aide à repérer les périodes tendues et à préparer une solution :
- décaler un investissement ;
- accélérer les relances ;
- ou étudier un financement.
Bon à savoir :
Notez les entrées et sorties d’argent à la date prévue, sans oublier la TVA, les cotisations sociales, les impôts et les remboursements d’emprunt. Mettez vos prévisions à jour dès qu’un montant ou une date change.
Votre trésorerie manque de visibilité ? Contactez notre équipe d’experts-comptables !
Chez Mosselmans & Associés, nous sommes là pour vous aider à optimiser
la gestion financière de votre entreprise.

Construire un tableau de bord de trésorerie
Un tableau de bord de trésorerie rassemble les principaux indicateurs pour suivre la situation de l’entreprise et repérer les difficultés. Un tableur ou un logiciel de gestion suffit, à condition de l’actualiser régulièrement.
Pour le construire :
- Rassemblez les données : soldes bancaires, factures clients et fournisseurs, échéances fiscales et sociales, remboursements d’emprunt.
- Retenez les indicateurs utiles : les 5 indicateurs présentés ci-dessus constituent une base, à adapter à votre activité.
- Fixez des seuils d’alerte : par exemple, un solde minimal permettant de couvrir les prochaines dépenses.
- Comparez les prévisions aux résultats réels pour comprendre les écarts et décider des actions à engager.
| Indicateur | Information donnée | Fréquence de suivi |
|---|---|---|
| Trésorerie nette | L’argent disponible après déduction des découverts utilisés | Une fois par semaine |
| Besoin en fonds de roulement | L’argent à avancer pour financer le fonctionnement de l’activité | Une fois par mois |
| Délais clients et fournisseurs | Le temps nécessaire pour encaisser les ventes et régler les fournisseurs | Une fois par mois, avec un suivi régulier des retards |
| Capacité d’autofinancement | Les ressources générées par l’activité, avant les décalages de paiement | Une fois par an, ou plus tôt si nécessaire |
| Solde de trésorerie prévisionnel | L’argent qui devrait rester après les prochaines entrées et sorties | Une fois par mois, voire une fois par semaine si la période est tendue |
Complétez ce tableau par un plan de trésorerie mensuel sur douze mois. Inscrivez chaque encaissement et décaissement à sa date probable de paiement. Distinguez les recettes confirmées des ventes encore incertaines.
Pour les opérations soumises à TVA, utilisez les montants TTC et prévoyez séparément les règlements ou remboursements de TVA.
Bon à savoir :
La fréquence de suivi dépend de la saisonnalité et de la situation financière de l’entreprise.
👉 Au cabinet Mosselmans & Associés, on vous conseille de transformer les alertes en décisions concrètes. Contactez nos experts-comptables pour bénéficier de l’avis d’un professionnel du conseil en gestion.
Nos conseils pour améliorer votre trésorerie
La priorité dépend de l’origine de l’écart. Un client qui conteste une facture, des produits qui ne se vendent pas ou une activité qui perd de l’argent… La bonne solution dépend de chaque situation.
Plusieurs leviers peuvent être étudiés :
- Facturer rapidement, après livraison ou réalisation de la prestation, selon les règles applicables ;
- Demander des acomptes, lorsque le contrat et l’activité s’y prêtent ;
- Organiser les relances, avec un responsable identifié et un traitement rapide des litiges ;
- Ajuster les stocks, en tenant compte des délais d’approvisionnement et du risque de rupture ;
- Négocier les échéances fournisseurs, dans le respect des contrats et des plafonds légaux ;
- Planifier les investissements, en évaluant leur financement et leur effet sur les liquidités.
Un financement à court terme peut aussi vous aider ponctuellement. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre page d’aide sur le choix d’une banque pour entreprise.
👉 Chez Mosselmans & Associés, nous vous recommandons d’agir dès qu’une difficulté apparaît. Vous pouvez désigner une personne pour relancer un client, reporter une dépense quand c’est possible et fixer une date pour faire le point.
L’expert-comptable peut vérifier la cohérence de vos données, expliquer les écarts et simuler plusieurs décisions. Si le manque de trésorerie se répète, l’analyse doit aussi porter sur la rentabilité et la structure financière.
Ce qu’il faut retenir
- Une entreprise peut être bénéficiaire et manquer d’argent disponible pour régler ses dépenses.
- 5 indicateurs permettent de suivre sa trésorerie : la trésorerie nette, le besoin en fonds de roulement, les délais de paiement, la capacité d’autofinancement et le solde prévisionnel.
- Un tableau de bord régulièrement actualisé et un plan de trésorerie sur douze mois aident à anticiper les périodes difficiles.
- Facturer rapidement, demander des acomptes, relancer les clients et ajuster les stocks sont des leviers pour améliorer la situation.
- Si les difficultés se répètent, l’expert-comptable peut en analyser les causes et examiner la rentabilité ainsi que les besoins de financement.
FAQ – Gestion de trésorerie
Qu’est-ce que la gestion de trésorerie d’une entreprise ?
C’est l’ensemble des méthodes qui permettent de suivre l’argent disponible, d’anticiper les entrées et sorties de fonds et de s’assurer que l’entreprise peut honorer ses paiements.
Pourquoi la gestion de trésorerie est-elle importante ?
Une trésorerie insuffisante peut empêcher de payer salaires, fournisseurs ou charges sociales, même quand l’activité est rentable. Un suivi régulier réduit ce risque et facilite les décisions d’investissement.
Quels sont les principaux indicateurs de trésorerie à surveiller ?
Cinq repères sont souvent retenus : la trésorerie nette, le besoin en fonds de roulement, les délais de paiement clients et fournisseurs, la capacité d’autofinancement et le solde de trésorerie prévisionnel.
Comment améliorer la trésorerie d’une entreprise ?
Il est possible d’agir sur les encaissements (facturation rapide, relances), les décaissements (négociation des délais), les stocks et l’anticipation des besoins de financement. Le choix des leviers dépend de chaque entreprise.
Quelle est la différence entre trésorerie et bénéfice ?
Le bénéfice mesure la performance économique sur une période. La trésorerie mesure les liquidités disponibles. Le décalage entre facturation et encaissement explique que les deux évoluent parfois différemment.
Comment faire un tableau de bord de trésorerie ?
Il suffit de choisir une fréquence de suivi, de rassembler les données bancaires et les factures, de retenir quelques indicateurs, de fixer des seuils d’alerte et de mettre le tout à jour régulièrement dans un tableur ou un logiciel.
Sources :
https://www.legalplace.fr/guides/gestion-tresorerie/
https://www.lesclesdelabanque.com/entreprise/tresorerie-gestion/
https://www.fiducial.fr/BanquePro/Blog/Comment-bien-gerer-votre-tresorerie
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/delais-de-paiement-les-regles-connaitre
