Face à la pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs, de plus en plus d’employeurs font appel à des salariés étrangers. C’est notamment le cas dans l’hôtellerie-restauration, le bâtiment ou le monde agricole. En France, l’embauche de salariés étrangers est strictement encadrée et les règles applicables varient selon la nationalité du salarié et sa situation administrative.
Quelles sont les conditions légales et que dit le droit du travail quant à l’embauche de salarié étranger ? Voici un point complet sur les procédures applicables en 2026.
1. Vérifier l’autorisation de travail pour l’embauche de salarié étranger
Première étape obligatoire pour un employeur souhaitant recruter un salarié étranger, peu importe sa nationalité : s’assurer que la personne dispose bien d’un droit au travail en France, lorsque la réglementation l’exige..
Les règles diffèrent selon que le salarié est ressortissant de l’Union européenne ou d’un pays tiers.
- Pour les salariés de l’Union Européenne et de la Suisse : ils bénéficient d’un droit au travail de plein droit et n’ont pas besoin d’autorisation de travail pour exercer en France..
- Pour les salariés hors UE : ils doivent, sauf exception, disposer d’une autorisation de travail valide avant toute embauche. Cette autorisation peut figurer sur :
- un titre de séjour autorisant le travail ;
- un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention « salarié » ;
- ou une autorisation de travail spécifique délivrée par l’administration.
Bon à savoir : Avant l’embauche d’un salarié étranger soumis à autorisation, l’employeur doit vérifier le droit au travail au moins deux jours ouvrables avant la date de prise de poste via le téléservice officiel et conserver la preuve de cette vérification.
2. Faire une demande d’autorisation de travail
Si le salarié étranger ne possède pas encore d’autorisation de travail, l’employeur peut en faire lui-même la demande. La demande d’autorisation de travail s’effectue exclusivement en ligne, via l’Administration numérique pour les étrangers en France, sur le site du Ministère de l’Intérieur. Les pièces à fournir et les délais de traitement varient selon la situation du salarié, la nature du contrat proposé et le secteur d’activité.
Dans certains cas très encadrés, une autorisation de travail n’est pas requise, notamment pour des missions temporaires ou des interventions spécifiques prévues par la réglementation.
Les domaines concernés peuvent inclure, sous conditions strictes :
- certaines manifestations sportives, culturelles, artistiques ou scientifiques ;
- des interventions ponctuelles dans le cadre de séminaires ou salons professionnels ;
- certaines mobilités professionnelles spécifiques prévues par les textes.
Ces situations étant complexes et évolutives, il est recommandé de vérifier au cas par cas l’existence d’une dispense d’autorisation.
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3. Réaliser les formalités d’embauche de salarié étranger
Une fois l’autorisation de travail vérifiée ou demandée, l’employeur peut réaliser une déclaration préalable à l’embauche (DPAE).
Si le salarié étranger n’a jamais été immatriculé en France, l’employeur doit demander son immatriculation auprès de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) afin d’ouvrir ses droits à la protection sociale. Cette demande s’effectue en ligne sur le site de l’Assurance maladie.
Les salariés étrangers résidant à l’étranger (hors UE, EEE et Suisse) doivent généralement :
- Obtenir une autorisation de travail délivrée à la demande de l’employeur
- Solliciter un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention « salarié » auprès du consulat de France
- Accomplir, après leur arrivée, les formalités requises auprès de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), notamment la visite médicale prévue par la réglementation
- Effectuer la DPAE une fois l’ensemble des conditions remplies
Les délais de traitement peuvent varier fortement selon les préfectures et les situations individuelles ; il est conseillé d’anticiper le recrutement.
Tableau récapitulatif pour l’embauche de salarié étranger en France en 2026 :
| Situation du salarié | Démarches | Documents à vérifier ou à fournir | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Salarié étranger résidant en France (titulaire d’un titre de séjour) | 1. Vérifier le titre de séjour : il doit autoriser le travail (ex. : “salarié”, “vie privée et familiale”, “étudiant”, etc.) 2. Si besoin, faire une demande d’autorisation de travail sur administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr 3. Effectuer la Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) à l’URSSAF | Copie du titre de séjour ou VLS-TS Autorisation de travail (si non obtenue) Passeport | Conserver la preuve de la vérification du droit au travail. |
| Salarié étranger résidant hors France dans l’UE | 1. Vérifier la nationalité : les ressortissants de l’UE, de l’EEE et de la Suisse n’ont pas besoin d’autorisation de travail 2. Le salarié peut venir et travailler librement en France 3. Effectuer la DPAE à son arrivée 4. Respecter la législation sociale française (contrat, salaire, cotisations, etc.) | Pièce d’identité ou passeport européen Justificatif de domicile (si applicable) | Libre circulation et droit au travail sans autorisation. |
| Salarié étranger résidant en dehors de l’UE | 1. L’employeur doit déposer une demande d’autorisation de travail en ligne
2. Après accord, le salarié demande un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) au consulat de France dans son pays
3. À son arrivée en France : validation du visa auprès de l’OFII 4. DPAE à l’URSSAF une fois le salarié en règle | Passeport Contrat de travail visé Visa long séjour (VLS-TS) mention « salarié » Attestation OFII | Délais variables : prévoir plusieurs semaines voire mois |
Embauche de salarié étranger : les sanctions en cas de manquement
Un employeur qui réalise l’embauche de salarié étranger sans disposer d’un droit au travail effectif risque de lourdes sanctions :
- Le fait d’employer un étranger sans autorisation de travail constitue une infraction pénale, passible de peines d’emprisonnement, d’amendes et de sanctions administratives.
- Fournir un travail à un étranger en situation irrégulière peut être assimilé à une aide au séjour irrégulier, passible de 5 ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.
- Frauder ou effectuer une fausse déclaration pour obtenir une autorisation de travail est également sanctionné.
Bon à savoir : L’embauche d’un salarié étranger hors UE peut entraîner le paiement d’une taxe auprès de l’OFII, dont le montant varie selon la durée du contrat et la rémunération.
Quelles démarches sont nécessaires pour le recrutement de salarié étranger en France en 2026 ?
L’embauche de salarié étranger nécessite de vérifier son droit au travail en France. En fonction de sa situation (résident en France, ressortissant de l’UE ou hors UE), l’employeur peut devoir demander une autorisation de travail en ligne sur la plateforme officielle. La Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) à l’URSSAF reste obligatoire.
Les ressortissants de l’Union européenne sont-ils concernés ?
Les salariés résidant au sein de l’UE, de l’EEE et en Suisse peuvent travailler librement en France sans autorisation particulière.
Comment l’employeur peut-il demander une autorisation de travail pour l’embauche de salarié étranger ?
L’employeur doit effectuer la demande d’autorisation de travail directement en ligne sur le portail officiel de l’Administration numérique pour les étrangers en France, sur le site du Ministère de l’Intérieur. Une fois que la demande est acceptée, l’autorisation de travail est délivrée à l’employeur et au salarié. Ce document permet au salarié d’obtenir un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention « salarié ».
Quel délai pour obtenir une autorisation de travail pour l’embauche de salarié étranger ?
La demande d’autorisation de travail réalisée sur le portail officiel prend de un à deux mois. L’employeur doit détenir cette autorisation au moins deux jours ouvrables avant la date de prise de poste. Il doit également en fournir une copie à la préfecture.